Décidément, Nicolas Sarkozy multiplie les erreurs et approximations depuis le débat de mercredi, à moins que ce ne soit que parce qu’on les médiatise plus qu’avant…
La première boulette de la soirée apparaît au cours de son discours, il confond les infirmières bulgares retenues en Libye avec des « infirmières libyennes »…
Félicitations aux blogueurs qui l’ont repérée dès qu’il l’a prononcée à 20h42.
Les enquêtes d’intentions de vote donnent parfois des résultats révélateurs…
Une enquête menée par IFOP pour le JDD et M6 sur les intentions de vote au deuxième tour [donnait] gagnant Nicolas Sarkozy, avec 52,5% (-1,5%) contre 47,5 (+1,5) pour Ségolène Royal [...]. [Des résultats qui se sont plus ou moins confirmés ce soir.]
Le résultat le plus surprenant de cette étude ne [tenait] pas à ce chiffre, mais au détail de la répartition des votes par tranches d’âges.
En effet Ségolène Royal arrive en tête des intentions de votes dans toutes les classes d’âges situées en dessous de 65 ans.
Si le candidat de l’UMP parvient tout de même en tête c’est grâce au troisième âge, avec un score atteignant 75% qui lui permet de combler son retard.
Ventilation par classe d’âge du vote Royal / Sarkozy
- 18/24 ans 53% / 47%
- 25/34 ans 54% / 46%
- 35/49 ans 56% / 44%
- 50/64 ans 51% / 49%
- + de 65 ans 25% / 75%
Voila donc une réalité sociologique inattendue. C’est le vieillissement de la population qui tire le corps électoral français vers la droite.
Loin d’être le candidat du travail et des forces vives comme son discours volontariste semble l’affirmer, Nicolas Sarkozy serait en fait celui de l’inquiètude et des peurs ressenties par une population vieillissante, devant une modernité qui la bouscule et qu’elle refuse.
Contreinfo.info
Ces données provenant d’un sondage d’intentions de vote devront être confirmées maintenant que le vote a eu lieu.
Selon les estimations, le prochain président de la République Française est Nicolas Sarkozy.
Espérons que celles et ceux qui l’ont choisi ne seront pas déçus par ce choix…
Avec l’élection de monsieur Sarkozy, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire (garant de l’indépendance judiciaire, amnistie et droit de grâce), le pouvoir législatif (le Parlement est toujours à majorité UMP jusqu’aux élections) et le pouvoir médiatique (via les groupes dirigés par ses amis) seront dans les mains d’un même parti à partir du 16 mai (au plus tard). Est-ce que cela constitue une menace ? Espérons que non.
La prochaine échéance, où un contre-pouvoir pourra faire face à la concentration des pouvoirs qu’incarne à présent Nicolas Sarkozy, sera donc les élections législatives des dimanches 10 et 17 juin 2007. Un nouvel acteur dans le paysage politique français pourrait émerger à cette occasion suite à la création prochaine du Mouvement Démocratique.
Après avoir voté ce matin, je suis allé faire un tour à vélo et j’ai pensé que je pourrais passer devant chacun des QG de campagne des candidats.
Arrivé à la Bastille (où l’on pouvait voir des cars de CRS), j’ai donc décidé de prendre le boulevard Beaumarchais, vers la République, puis je me suis engagé dans les Grands Boulevards pour arriver à proximité de la rue d’Enghien où se trouve le QG de Nicolas Sarkozy. Erreur, je ne pouvais pas passer, la rue était bloquée et tout le monde devait attendre à distance. Je n’ai même pas pu prendre de photo car j’aurais bloqué la rue d’Hauteville déjà encombrée par des cars de CRS.
Je suis donc parti vers le sud, pour rejoindre la rue de Rivoli, via Beaubourg, puis j’ai traversé la cour du Louvre et passer sur la rive gauche, au niveau du musée d’Orsay et donc de la rue de Solférino. Là, n’importe qui pouvait passer devant le QG de campagne et observer l’impressionnant dispositif des journalistes et éventuellement se joindre à la foule présente devant le QG de Ségolène Royal. Dans la rue, je croise même madame Taubira, du Parti Radical de Gauche.
Il semble donc que le QG de M. Sarkozy ait fait l’objet d’un dispositif de sécurité plus important et cela peut se comprendre vu les tensions que peuvent créer les déclarations de ce candidat.
Sur le chemin du retour, dans la rue de Lyon (12ème arrondissement) et alors que je ne portais aucun signe distinctif (culturel ou politique), une dame agée m’a crié « Sarkozy va tous vous virer« , sans raison apparente. Avec un bus qui arrivait derrière moi, je dus continuer et je n’ai pas répondu à cette vieille sur le coup.
Et pourtant, il y aurait eu de quoi discuter : les déclarations successives de M. Sarkozy auraient-elles fait penser à cette pauvre femme que ceux qui me ressemblent, les asiatiques, voire plus généralement les étrangers, seraient expulsés par le candidat s’il était élu ? Si tel est le cas, il y’a de quoi s’inquiéter, cela signifierait que l’idée d’un « ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale » et les mesures liées à l’immigration ont été interprétées dans un sens discriminatoire… ou du moins par certains électeurs de l’extrême droite.