Portrait dans Libération : quelques explications et mises au point
Le portrait qu’a dressé Catherine Coroller a été publié, je ne l’ai lu que ce matin en me levant dans le flux RSS de Libé.

Oui, je sais que je vais surement essuyer de nombreuses critiques, mais lisez un peu mes explications d’abord.
En effet, le portrait est un peu court pour que l’on comprenne réellement tout ce qui m’est arrivé et j’ai donc jugé nécessaire de donner ces quelques indications complémentaires. J’ai aussi corrigé quelques erreurs dues à la prise de notes.
Je vais probablement me faire crucifier par certains d’entre vous à cause de celles-ci, mais j’avais prévu le coup : je suis déjà au pilori dans ma bannière.
«Ma sœur et moi, on a surtout grandi à l’école»
Ses parents chinois parlent peu le français. Richard Ying, lui, est un modèle d’intégration, sans pouvoir vraiment définir ce qu’est l’identité nationale.
Par CATHERINE COROLLER
QUOTIDIEN : mardi 17 juillet 2007«Je suis né en France, j’ai toujours vécu en France, je suis de culture et de nationalité française, pourquoi on me virerait ?» Cette question, Richard Ying, étudiant en deuxième année de DUT information-communication à l’Institut universitaire de technologie de l’université Paris-V, y a été brutalement confronté le jour du deuxième tour de l’élection présidentielle. Il circulait à vélo entre le QG de Nicolas Sarkozy, dans le Xe arrondissement de Paris, et le siège du PS, dans le VIe. Une vieille dame lui a crié : «Sarko vous virera tous !» L’interpellation ne l’a pas fait rire : «En apprenant le soir que Sarkozy était élu, ça m’a foutu les boules.»
Richard Ying est né à Paris en 1986 de parents chinois originaires du Wenzhou. En 2004, à 18 ans, il opte pour la nationalité française. «C’était assez évident pour moi. J’avais gardé la nationalité chinoise surtout pour éviter les problèmes administratifs, lorsque je partais en Chine voir la famille.» Là-bas, ne demeurent que ses grand-parents, le reste de sa famille, oncles et tantes, vit en France. Les parents de Richard Ying sont restaurateurs dans le XIIe. Ils travaillent sept jours sur sept de 8 heures à 23 heures, parlent mal le français, connaissent peu le pays dans lequel ils vivent. «Ma sœur et moi, on a surtout grandi à l’école», note le jeune homme. De cette enfance, il garde de bons souvenirs. «Je m’entendais plutôt bien avec mes camarades de classe.» Il n’a pas réellement souffert du racisme, même s’il s’est parfois fait traiter de «chinetoque».
«Profil bas». Les moyens familiaux étant limités, Richard Ying est peu allé en Chine. Sur son CV en ligne sur son blog, il affiche des prétentions linguistiques modestes : « chinois Wenzhou (parlé), chinois mandarin (scolaire).» Culturellement, Richard Ying se sent français. Pour autant, il ne saurait pas définir cette identité nationale, obsession de Sarkozy. «La France est un mélange de cultures», avance-t-il. Dans la réalité, oui, mais dans les mentalités ? Richard Ying hésite. «Rien que dans ma promo, beaucoup sont d’accord avec Sarkozy lorsqu’il dit qu’il y a une identité française à défendre.» De son héritage chinois, le jeune homme a gardé une extrême prudence dans la formulation d’éventuelles critiques. «Mon père dit qu’il vaut mieux faire profil bas, ne pas se dresser contre les autres, ne pas se rebeller contre l’autorité». «Mais je suis souvent en conflit culturel avec lui», avoue-t-il.
A priori, sa sœur et lui sont des modèles d’intégration. Elle prépare l’expertise comptable, a un petit ami français de souche, ce qui a «traumatisé» ses parents. Du coup, ceux-ci surveillent les fréquentations du fils : «Ils veulent absolument que j’épouse une Chinoise . Depuis quelques mois, ils essaient de me présenter des filles chinoises. Mais les mentalités sont tellement éloignées.»
Pas de réponse. Longtemps, Richard s’est imaginé le même avenir que n’importe quel jeune Français. Et puis, l’an dernier, lors de sa première année de DUT, il s’est heurté à une dure réalité : tandis que ses camarades trouvaient des stages dans la pub sans difficulté, «aucune de [ses] demandes n’a eu de réponse». Et cette année, rebelote. «Certains de mes professeurs parlent de discrimination», confie-t-il. Du coup, il a intégré cette difficulté dans ses projets d’avenir. «Je ne vois pas comment je pourrais entrer dans une agence de pub traditionnelle, mais je me vois bien travailler dans une entreprise chinoise en France ,ou française en Chine».
Si mes parents parlent peu le français (c’est surtout la syntaxe de la langue qui leur fait défaut), c’est parce qu’ils travaillent dur tous les jours et n’ont de contacts avec la langue française que durant leurs heures de travail avec les fournisseurs et les clients. Ca fait presque vingt ans qu’ils s’investissent tous les jours pour nous donner — à ma soeur et moi — une vie meilleure que celle à laquelle ils ont eu droit. Dire qu’ils ne méritent pas de vivre en France à cause d’un problème de langue serait une insulte à tout ce qu’ils ont fait pour nous.
Dans le premier paragraphe, il est indiqué que je circulais entre les QG de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. En fait, j’en revenais. J’étais dans la rue de Lyon, dans le 12ème. On peut retrouver le récit sur mon blog.
Sur le fait que mes parents connaissent peu la France, ils travaillent presque tout le temps et ont peu de temps de repos. Les rares moments où ils se reposent, c’est soit quand ils sont malades, soit pendant les vacances, ça n’est qu’à ces périodes-là que je peux leur faire découvrir le pays, mais nous sommes encore limités budgétairement.
Toujours à cause de ce travail, ma soeur et moi avons effectivement reçu beaucoup de notre éducation à l’école. Mes parents étant souvent occupés. Nos instituteurs, les parents de nos camarades et bien sûr nos camarades m’ont permis d’être ce que nous sommes aujourd’hui. Je leur dois une certaine reconnaissance. Mais je n’ai malheureusement pas gardé contact qu’avec certains d’entre eux.
En effet, je suis rarement allé en Chine. La dernière fois remonte à 6-7 ans, et la fois précédente c’était 4 ans plus tôt. En vivant presque exclusivement en France, j’ai beaucoup perdu de ma culture d’origine. Je ne parle que peu le mandarin, je ne sais le lire que parce que je l’ai étudié pour le baccalauréat et en deuxième langue de DUT. Même si je le parle avec mes parents, j’écorche souvent le wenzhou. Je voudrais rattraper ces lacunes, notamment avec un séjour linguistique long, mais avec les études et le manque d’argent c’est assez difficile.
Financièrement, j’essaye d’ailleurs de ne pas réclamer d’argent à mes parents et je me contente de la bourse qui m’est attribuée sur critères sociaux.
Une identité française ? Il n’y en a pas vraiment selon moi. La France est un assemblage culturel. D’une région à une autre les mentalités changent. On a bien un socle commun, les valeurs républicaines, l’héritage des Lumières, mais en pratique, beaucoup de ces principes ne sont pas respectés par des Français « de souche ». Dès lors, pourquoi imposer une identité nationale alors qu’un grand nombre de Français ne la respectent pas telle qu’on veut la faire assimiler ?
Mon héritage chinois se ressent surtout dans mon comportement, je n’agis pas toujours comme un « Français de souche » (y’a-t-il d’ailleurs un comportement type ?). Selon mon père, je dois effectivement faire profil bas (il n’était d’ailleurs pas au courant que je faisais cette interview), laisser passer les éventuelles critiques, « ne pas se dresser contre les autres, ne pas se rebeller contre l’autorité ». Mais j’ai été élevé dans un environnement aux multiples influences et, même si je respecte souvent les principes qu’il me dicte, je suis souvent en conflit avec mes parents à cause de ces divergences culturelles.
Les Chinois de France sont dit « bien intégrés », mais en fait, ils sont plutôt discrets et leur intégration — selon moi — est une illusion, nous sommes discriminés comme les autres cultures. Je sens d’ailleurs un nouveau type de rejet ces temps-ci à cause du développement économique de la Chine, du chauvinisme sans doute.
Ma soeur a effectivement un petit copain français et mes parents insistent pour que j’épouse une Chinoise, parce qu’ils considèrent que je m’éloigne trop de leur culture et que cette femme chinoise me remettra dans le chemin… Mais au fond, ils tolèreraient très bien que je me marie avec quelqu’un d’une autre culture que la leur.
Concernant les recherches de stage, mes camarades de classe ont en fait eu des difficultés, en raison de la saturation de ce secteur.
Mais la différence est que lorsque mes camarades avaient une réponse, même négative, moi je n’avais aucun retour, même par téléphone, on avait du mal à me dire si l’on avait reçu ou non ma candidature. En recoupant avec les expériences de mes connaissances, je pense que les recruteurs se limitent trop souvent à l’apparence et non aux compétences, et qu’ils se privent ainsi de talents potentiels.
Certains de mes professeurs ont effectivement parlé de discriminations, ils connaissent eux même des personnes qui ont subi cette discrimination à l’embauche. Ils m’ont conseillé de retirer ma photo de mon CV. Je devrai peut-être le faire à l’avenir…
Les stages que j’ai obtenu n’étaient pas forcément dans les secteurs que je recherchais. J’ai dû étendre le domaine de mes recherches par peur de me retrouver sans stage, et donc sans diplôme. J’ai tout de même eu la chance d’entrer dans des entités connues.
La phrase « Je ne vois pas comment je pourrais entrer dans une agence de pub traditionnelle » nécessite quelques explications : ces agences de pub traditionnelles sont celles qui n’ont pas donné suite à mes candidatures. Je fais une démarche vers eux, ils pourraient au moins répondre en retour. Ce manque de politesse peut être interprété comme une certaine forme d’arrogance. Mais il y a toujours cette absence de réponse là où mes camarades avaient un message leur signalant un rejet de candidature.
Je tenterai bien les agences spécialisées dans le web, mais là encore, même si ces refus ne sont pas tous liés à de la discrimination, j’élimine déjà celle qui n’ont pas répondu à mes demandes antérieures.
Et en projet d’avenir, travailler dans une entreprise française en Chine, ou l’inverse, n’est pas à exclure, cela serait une façon de concilier mes deux « cultures » (encore une fois, un Etat n’est pas constitué d’une seule culture figée).











Depuis quelques semaines que je suis ton blog, je me rends compte que tu as – à peu de chose près – la même histoire que moi. Chinois, immigré en France, parents dans la restauration, peu de temps…
Honnêtement je trouve que la discrimination à l’embauche pour la communauté asiatique est moins prégnante que pour d’autres communautés… D’ailleurs, on a du m’embaucher en 2000 sur ce critère peut-être. Les agences de pub ne font pas de discrimination (sur les asiat’ du moins) enfin je ne penses pas, pour bosser avec eux…
Pour finir, si tu pars pas tout de suite (et tes parents aussi) je serais ravi de faire un tour dans leur resto, j’habite pas loin du 12e ;)
Mon blog : http://hisaux.free.fr/dotclear/index.php
Moi : http://hisaux.free.fr/site/contact/index.htm
Commentaire by Hisaux AKA Xia — 17 juillet 2007 @ 10:36
Je pense qu’il y a une identité française, un goût pour la culture et pour le savoir, une rebellion anti-libérale, un je ne sais quoi de gueulard et de syndicaliste, une once de pensée libre…
Je pense qu’il n’y a pas d’origine qui puisse faire qu’un français soit moins français qu’un autre. C’est une question d’état d’esprit et d’amour du pays, pas de plissage des yeux.
Et si ça peut te rassurer, je t’ai toujours vu comme un français qui aime son pays, et je me sens même parfois un peu moins français que toi ;)
Commentaire by Boris Schapira — 17 juillet 2007 @ 10:56
@ Xia : Pour avoir eu les retours de mes cousins, je pense que la discrimination envers la communauté chinoise est tout de même relativement importante, mais on en parle simplement moins souvent.
La seule explication que moi et certains de mes profs ont trouvé à l’absence de réponse (par rapport à mes camarades qui avaient au moins un mail ou une lettre de refus dans ces mêmes agences), c’est la discrimination : on ne fait même pas attention à nous. Je ne citerai pas les noms des agences qui m’ont fait ce coup parce que ce n’est pas le but et que je vais sûrement me retrouver avec des plaintes pour diffamation, mais je souhaitais tout de même signaler cette hypocrisie.
Nous partons vendredi, le magasin ferme jeudi soir, donc si tu veux passer… (Je n’y serai pas forcément, donc maile-moi quand tu souhaites venir).
@ Boris : Je ne suis pas sûr que tous les critères que tu donnes soient partagés par tous les Français. L’environnement multi-culturel (au sens sociologique) dans lequel grandissent les Français fait que chacun d’entre eux a ses propres opinions.
Et malheureusement, certains d’entre eux — qui ne se réclament pas forcément de l’extrême-droite — pensent que l’on est moins français parce qu’on n’a pas la physionomie européenne.
Commentaire by Richard Ying — 17 juillet 2007 @ 11:07
Ha ouais… Vous partez jeudi… Ca va être trop court pour moi malheureusement ! Je passerai alors quand vous reviendrez :)
Quoi qu’il en soit, cette histoire d’identité française est ridicule ! Oui, il existe une culture française, des productions/créations françaises, une langue française… Mais doit-on toujours entrer dans un moule pour être considéré comme « Français » ?
Je ne me sens pas plus Chinois que Français. Je suis les deux et j’essaie d’être intègre. J’essaie de prendre le meilleur des deux et de ne pas critiquer le moins bon. Je ne le critique pas, j’essaie de le changer.
Commentaire by Hisaux AKA Xia — 17 juillet 2007 @ 11:33
« Une identité française ? Il n’y en a pas vraiment selon moi. ». Contrairement à vous, je pense, au contraire, qu’il y a bien une identité française. De même, d’ailleurs, qu’il y a bien également une identité chinoise.
Votre portrait dans Libé est très beau. Il prouve que l’intégration n’est pas en panne pour ceux qui souhaitent vraiment devenir Français. Vous le démontrez en ayant réussi cette intégration. La France est un pays généreux et les Français le sont aussi. On leur a trop cassé les pieds avec la non reconnaissance du bonheur qu’ils sont capables de donner aux autres. L’ingratitude est insupportable à vivre et je comprends le comportement actuel de la société française.
La différence entre les Français d’origine chinoise et ceux d’origine maghrébine ou africaine? Le respect des autres et la discrétion. Ce sont des qualités indispensables pour qui veut devenir Français. Voilà ce qui explique pourquoi les Français de souche ont peur de ceux qui viennent du Maghreb et de l’Afrique. Il y a très rarement des histoires de violence et de délinquance impliquant des jeunes d’origine chinoise, quand il y en a énormément qui sont le fait de jeunes d’origine africaine et maghrébine. Les Français de souche ont une mémoire et les recruteurs aussi. Vous êtes dans la publicité et la communication, vous savez donc mieux que moi combien l’image est capitale et décisive!
Commentaire by samira — 17 juillet 2007 @ 12:09
hello Richard,
Lu l’article dans Libé.
Moi c’est père Vietnamien, mère Belge, née à Paris…
Je peux te dire que dans les années 60 dans le quartier des Ternes (XVIIme)
c’était pas mal non plus !
Voili, voilà
Pour la recherche de stage ou de boulot à mon avis c’est pas un problème de patronyme ou de « face de citron » mais plutôt le réseau relationnel (Cf Bourdieu) que les 1eres et 2me générations n’ont pas (ou pas encore) …
J’ai fait une école de commerce à Paris fin des années 70 et c’était coton de trouver des stages pour moi aussi. Ca n’empêche (si ça peut consoler) qu’à part le racisme idiot des gens d’extrême droite, je pense qu’il vaut mieux s’appeler YING ou HUYNH que Mohamed ou Aziz …
c’est dur à dire, mais je le crois vraiment !
Bonne chance pour la suite
Cordialement
Sylvie H.
Commentaire by Sylvie — 17 juillet 2007 @ 12:14
Bonjour Richard,
Je vais sur ton blog régulièrement depuis qqs semaines suite à tous les billets que tu as écris sur les élections présidentielles et legislatives (Vive Sandrine Mazetier!).
Je suis moi-même d’origine Chinoise née en France il y a 28 ans.
C’est bizarre comme ton témoignage m’a touché, j’ai l’impression que tu décris tout ce que j’ai vécu ces dernières années : parents immigrés chinois qui ont un resto (et qui galèrent pour leurs enfants), discrimination dans la recherche d’un stage ou un d’un boulot d’assistante de direction, la sensation de nager entre 2 cultures très différentes et de ne pas savoir à laquelle on appartient (finalement on possède une
double culture et on prend le meilleur de part et d’autre).
En ce qui concerne la discrimination dans le travail, je pense vaiment qu’elle existe, contrairement à des personnes qui aiment me soutenir le contraire dans mon entourage, je l’ai vécu plusieurs fois et je sais que c’est très blessant.
Pour ma part, je me sens plus Française que Chinoise mais on me fait trop souvent remarquer que j’ai les yeux bridés. Du coup, j’avoue que parfois je ne me sens pas chez moi en France (je connais les « rentre dans ton pays ») et encore moins en Chine (j’y suis jamais allée…), c’est très destabilisant. Difficile de parler d’identité nationale, lorsque tu te sens et que tu es Française (et fière de l’être) quand une partie de la population ne te donne pas réèllement l’occasion de t’intégrer à cause de la couleur de ta peau…
Commentaire by Rose — 18 juillet 2007 @ 16:59
Ca me rassure de voir que d’autres personnes ressentent la même chose que moi. Ca montre que je ne me fait pas d’idées comme on tente parfois de m’en convaincre…
Merci pour vos témoignages.
Commentaire by Richard Ying — 18 juillet 2007 @ 22:07
L’interview, le billet, les commentaires sont passionnants !
Merci d’apporter ta vision des choses et de développer l’article de Libé, qui est forcément un résumé un peu rapide des choses.
Je suis assez d’accord avec toi avec l’illusion d’une meilleure intégration des asiatiques en France.
Ils sont victimes de clichés, comme les autres, et ne sont mieux acceptés que parce qu’ils sont peu revendicateurs.
Les Chinois n’ont pas été colonisés par la France, cela explique sans doute des rapports moins passionnels qu’avec l’Afrique, par exemple.
Les religions asiatiques, plus pacifiques, sont une autre explication, selon moi.
Je comprend le malaise de Rose face aux gens qui l’approchent toujours en tant qu’étrangère à cause de ses yeux bridés. Il est difficile de trouver la bonne attitude. De nombreuses personnes pensent témoigner de l’intérêt envers leur interlocuteur, mais cette question « de quelle origine es-tu » enferme presque toujours dans des tiroirs.
Je ne l’ai compris qu’en vivant dans un pays étranger où n’étant pas foncièrement différente des locaux, je n’en étais pas moins reconnue comme étrangère. Au bout de quelques mois, cette question, suivie de clichés stupides sur les Français, me gonflait au plus haut point.
Commentaire by Fiso — 19 juillet 2007 @ 18:04
Assez étrange cette histoire « d’identité française ». Ça n’a aucun sens.
Qui pourrait définir une telle chose alors que par définition, c’est totalement mouvant.
Pas de contours nets !
Encore moins, me semble-t-il, en France où tout se mélange et évolue.
Comme c’est souvent le cas dans les pays côtiers…
:-)
Commentaire by filaplomb — 19 juillet 2007 @ 19:05
@filaplomb : difficile de définir avec des contours nets les Idées d’amour, de liberté, de souffrance… doit-on pour autant en déduire leur inexistance ou leur manque de sens ?
Commentaire by Boris Schapira — 20 juillet 2007 @ 9:02
Si l’identité nationale existe et que cette notion est aussi floue que les idées que tu cites, la recherche par le gouvernement de critères précis pour la définir est absurde.
Commentaire by Richard Ying — 20 juillet 2007 @ 10:06
« La différence entre les Français d’origine chinoise et ceux d’origine maghrébine ou africaine? Le respect des autres et la discrétion », très bizarre cette réflexion…ce ne resait pas du genre « eux, au moins, on les entend pas »
Ceci dit j’aurais vraiment été intéréssé d’entendre à l’époque le point de vue des Africains et des Maghrebins colonisés sur le respect des autres et la discrétion des colons.
Mais en réalité, je ne vois pas l’intérêt de débattre avec Samira dont les propos sont habituellement ceux de deux catégories de personnes :
le citoyen blanc basique et de base, un peu raciste mais pas trop ou l’enfant d’immigré qui a un peu honte de l’être et qui voudrait bien que le-dit citoyen blanc basique, l’excuse d’être « d’origine » et si possible « oublie » qu’il soit « d’origine »
Samira, t’est à côté de la plaque.
Commentaire by tonnegrande — 20 juillet 2007 @ 22:26
[...] Richard devient un emblème d’intégration et s’explique [...]
Ping by Boris-Schapira.com » Quelques liens en vrac — 20 juillet 2007 @ 23:20
[...] et d’intégration à partir de l’exemple de la famille de Richard (pour rappel, son témoignagne dans Libération). Ca vaut tous les discours téléphonés téléphoniques du monde [...]
Ping by BorisSchapira.com » Survivre dans une soirée de blogueurs #1 — 14 septembre 2007 @ 7:11