Richard Ying – Blog

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19 octobre 2007

Un (banal) contrôle de papiers

Filed under: Actualités françaises,Ma Vie — Richard Ying @ 0:34. 14 commentaires.

J’ai hésité avant de bloguer sur ce qui m’est arrivé avant-hier, mais…

Mercredi donc, en passant place de la République, j’ai été stoppé par deux policiers en civil.
« Bonsoir, Police. On peut voir vos papiers ? » Ils me montrent en même temps leurs cartes professionnelles.
« Mais pourquoi moi en particulier ? »
« Vous devez obligatoirement avoir une pièce d’identité sur vous ».
Je tend ma carte d’identité, qui se trouvait justement dans la poche de mon jean.
« Pourquoi ? »
« Ordre du préfet de police, on doit contrôler tout le monde sur la place jusqu’à 21 heures. » Il n’y avait aucune manifestation en cours sur la place, pas de raison valable, pas de trouble, pas de nuisance.
Son collègue vérifie que ma carte est authentique. Elle a beau être cornée, le papier qui se trouve sous le plastique est intact.
J’insiste « pourquoi m’avoir choisi ? »
Là ils ont tous les deux l’air embêtés, celui qui a vérifié ma carte lance « Ah mais on contrôle aussi les Français… »
Tu m’étonnes… On tombe forcément sur un Français si c’est fait à l’aveuglette, après tout, on est en France.
Je les quitte, pas d’ « au revoir », pas de « bonne soirée » ni de ma part, ni de la leur.
Je décide de me mettre un peu à distance pour les observer. Quelques instants après, ils contrôlent à nouveau quelqu’un, puis encore un autre. Normal, me direz-vous, sauf que… c’étaient des passants typés asiatiques…
Un hasard ? peut-être pas. Il y a plusieurs communautés dans ce coin cosmopolite de Paris (maghrébins, juifs, chinois, noir-africains…), mais il y a plus de chances de trouver des sans-papiers parmi les Chinois grâce à (ou à cause de) la proximité du quartier chinois du troisième arrondissement. Ces contrôles avaient probablement lieu à cause des quotas de sans-papiers fixés par un certain ministère et toujours pas atteints dans une majorité de préfectures…
Dégoûté, je suis reparti en gardant ça pour moi, jusqu’à maintenant…

© Richard Ying • 1999-2012