Un geste absurde pour un projet de loi absurde
Article initialement publié sur LePost.fr
Alors que les députés UMP pro-HADOPI continuent de se déplacer sans connaître grand chose à la technique (et notamment l’applicabilité),
Alors que les députés anti-HADOPI qui s’y connaissent ont du mal à mobiliser des collègues qui maîtrisent mal le sujet,
Alors que le caractère facultatif des mails d’avertissement maintient le principe d’une riposte graduée en deux étapes,
Alors que le refus de plusieurs amendements laisse une grande place à l’arbitraire dans le fonctionnement de la Haute Autorité,
Alors que les pro-HADOPI ont adopté un amendement qui fait décider arbitrairement de la légalité d’une oeuvre sur Internet via un système flou de labellisation,
Alors que les pro-HADOPI ont décidé d’imposer aux moteurs de recherche de favoriser les oeuvres labellisées, violant la neutralité du web,
Alors que la Haute Autorité pourra expérimenter toute méthode intrusive/technique/liberticide/… (telle que le filtrage),
Alors que Christine Albanel et Franck Riester n’ont toujours pas apporté de réponse aux questions sur la faisabilité technique du dispositif de riposte graduée,
Et alors que les députés anti-suspension de l’UMP aient réussi à faire adopter un amendement amnistiant les délits de contrefaçon d’oeuvres interprétées survenus avant la promulgation de la loi,
Un collectif d’artistes a coordonné une flash-mob dénonçant le caractère absurde du projet de loi. « Puisque nous ne sommes pas entendus, nous en arrivons au geste absurde » explique le site officiel Internaute mon Amour.
Concrètement, les participants ont été invités à lever un artichaut sous les fenêtres du ministère de la Culture à midi sonnant (on est le premier mercredi du mois après tout…) avant de le déposer devant l’entrée de la rue de Valois.
Environ 80 personnes ont répondu présent avec des artichauts, ou avec des dessins d’artichauts (voire même des brocolis en substituts).

On appréciera le sens de l’humour du ministère venus aider les flash-mobers à assaisonner les artichauts avec de la vinaigrette (payée par le contribuable ?). Le détournement par les fonctionnaires de la rue de Valois fut cordial et aucun incident n’est à déplorer.
Bon, au final, une protestation sous forme artistique qui ne sera pas prise en compte et un texte est devenu plus répressif.
On peut même compter sur la Commission Mixte Paritaire pour éliminer cette histoire d’amnistie…












