Richard Ying – Blog

8 février 2010

24h avec les jeunes engagés dans l’armée de terre

Filed under: Comptes-rendus,Ma Vie — Richard Ying @ 8:18. 5 commentaires.

Fin janvier, l’agence TBWA\Corporate m’a demandé de couvrir en photos une opération blogueurs. Assez habituel me direz-vous, sauf lorsque l’on connaît l’annonceur puisqu’il s’agissait d’une immersion au sein de l’Armée de Terre française (qui lance sa nouvelle campagne de recrutement).
24 heures où nous avons rejoint et suivi de jeunes engagés dans l’infanterie de marine.

Comme la plupart des autres blogueurs, je n’avais pas vraiment d’idée précise par rapport à l’armée de terre.
Je suis pour la paix mais pas non plus antimilitariste, considérant que l’armée est un outil parfois nécessaire. N’ayant pas fait de service militaire, je n’avais été en contact avec des soldats qu’avec la Journée d’appel de préparation à la défense…

C’est au sein du Régiment d’Infanterie Chars de Marine (RICM), installé à Poitiers, que nous avons été accueillis. Perception des effets, briefing, nous avons rapidement rencontré les jeunes « marsouins » (surnom des soldats d’infanterie de marine) sur le camp de Montmorillon.

Au programme : course d’orientation, dîner-ration, marche nocturne de 20km avec divers ateliers sur le chemin (assemblage d’un brancard en rase-campagne, remplacement d’une pièce du FAMAS, simulation d’une attaque chimique, simulation d’une embuscade…), repos dans une ferme.
Inutile de dire que la nuit a été tant courte que bien remplie. Il faut dire que les marsouins en sont à la fin de leur Formation Générale Initiale, qui fournit un entraînement et des connaissances communs à tout soldat.

Temps d'arrêt lors d'une marche nocturne de jeunes engagés de l'Armée de terre

Malgré le mode « tactique » de la marche (quasi-silence et pas de lumière pour ne pas alerter les éventuels ennemis), nous avons eu le temps de discuter avec les marsouins et de balayer des idées reçues.
Les recrues sont bien conscientes des dangers du terrain, et certains d’entre-eux n’attendent que ça, sachant déjà où ils veulent aller : Tchad ou Afghanistan.
D’autres ont acquis ce goût de l’action pendant leur formation, alors qu’ils s’ennuyaient dans le système scolaire/professionnel, ce qui peut être compréhensible. D’autres encore se sont engagés pour exercer des métiers plus ordinaires : opérateur informatique ou coiffeur, mais sans oublier qu’ils sont dans l’armée…
Ils viennent d’horizons bien divers et ont des âges étalés, mais ils ont un point commun : ils veulent une expérience différente de celle qu’ils vivraient dans le civil où ils n’ont pas toujours trouvé leur place.

Après ces quelques heures en immersion, je suis impressionné, voire admiratif, des soldats que j’ai rencontrés.
Cela fait deux mois qu’ils ont abandonné le confort des villes et des bureaux pour suivre cette formation à un rythme soutenu. Ils étaient pour certains blessés, mais ils en redemandaient. Dans ces conditions, ils ont développé une cohésion de groupe, se soutenant dans les moments difficiles. Nous avons ainsi assisté à la confection — imprévue — d’un brancard pour un marsouin souffrant du genou et porté par ses camarades dans l’obscurité sur 4 kilomètres à 3 heures du matin.
Jeune soldat blessé installé par ses camarades sur un brancard

Au final, ils n’ont pas fait de compromis. En deux mois, ils se sont redécouverts et se sont rendus compte qu’ils préféraient un confort spartiate (du coup, dans le sens premier du terme) et des conditions difficiles pour exercer un métier dans lequel ils s’épanouissent pleinement.

Pour en revenir à ma mission de départ, faire des photos de cette immersion, j’ai réalisé un petit diaporama qui rend assez bien compte de l’ambiance qui a régné. Merci à Franck qui a choisi la musique, je suis plutôt nul pour ça… :p

Les soldats que nous avons rencontrés ont été très ouverts et pédagogues (y compris les jeunes marsouins qui m’ont été d’une grande aide). Je n’ai malheureusement pas moyen de les contacter, mais s’ils tombent sur cet article je les remercie chaleureusement pour leur accueil.

Je renouvelle aussi les remerciements exprimés dans les vidéos : au RICM, à l’armée de terre, au SIRPA, à TBWA\Corporate et aux blogueurs présents.

Ce fut une expérience enrichissante, réaction à laquelle je ne m’attendais pas vraiment, qui m’a donné envie de me renseigner sur les véritables immersions dans l’armée.

> Site de recrutement de l’armée de terre.
> Mon album Flickr de cette immersion.
> « Champaillard, à mon cul ! », le compte-rendu version poétique de Pénélope Boeuf :)
> « Vis ma vie de marsouin, où les aventures d’une crevette d’eau douce en milieu militaire », l’aguerrissement selon Sabine

5 commentaires

  1. Marsouine dans l’âme depuis 2006 …je ne peux que valider ce bon article :)
    Comment vont tes pieds, du coup ? :d

    Commentaire by Chloestch — 11 février 2010 @ 0:06

  2. @Chloestch : J’ai eu mal aux cuisses pendant 2 jours, mais depuis ca va ;)

    Commentaire by Richard Ying — 11 février 2010 @ 0:20

  3. cette vidéo est bien faite je suis aussi du RICM et malheureusement je n’ai pas pu me rattacher à cette mission pour vous accompagnez mais j’espère que cette journée vous aura fait découvrir l’armée de terre sous un bon angle !
    et au nom de DIEU vive la coloniale

    Commentaire by malcolm — 12 février 2010 @ 11:49

  4. @malcolm : J’ai trouvé cette expérience très bonne (j’en suis moins sûr pour les filles qui ont souffert) mais je le referais si on me le proposait :)

    Commentaire by Richard Ying — 12 février 2010 @ 23:28

  5. Mon article sera là demain : http://gonzague.me/24-heures-avec-l-armee à 9h30 :)

    Commentaire by Gonzague — 24 février 2010 @ 2:15

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