Richard Ying – Blog

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8 juillet 2007

Mais sur quoi va reposer le budget de l’État ?

Le gouvernement de François Fillon a annoncé aujourd’hui qu’il comptait ramener le déficit budgétaire à 0 d’ici 2012. Concrètement, cela signifie qu’en 2012, l’Etat ne dépensera pas plus qu’il n’aura de rentrées ; une déclaration destinée à rassurer Bruxelles.

Le gouvernement Fillon 2 va pourtant présenter la semaine prochaine aux députés une série d’allégements fiscaux dont le coût annuel est estimé à 11 milliards d’euros (et davantage selon l’opposition).
Parmi elles, le bouclier fiscal a d’ors et déjà créé des tensions au sein même de la majorité présidentielle, les députés du Nouveau Centre, Charles de Courson en tête, ayant déposé un amendement au texte initial destiné à limiter la baisse du taux du bouclier à 50%. L’UMP veut en effet maintenir le texte en l’état, ce qui reviendrait à un bouclier fiscal à 39% (en incluant CSG et CRDS) au risque de creuser la dette comme jamais.

D’autres baisses sont prévues, d’impôts bien sûr, mais aussi une diminution des effectifs dans la fonction publique. On va ainsi voir très bientôt plus de 10 000 départs à la retraite. Mais, bien que les ressources humaines représentent une grande partie du budget de l’Etat, la diminution des effectifs va-t-elle suffire pour ramener la situation à l’équilibre ? Probablement non, les allègements fiscaux, en réduisant les sources de revenus de l’Etat, créeraient un différentiel dépenses/rentrées bien plus important qu’aujourd’hui et surtout, que l’on ne pourra compenser.

Mais bon, revenons sur la déclaration initiale : la France annulera son déficit budgétaire en 2012. On peut aussi interpréter cela comme « on va dépenser sans compter entre 2007 et 2011, puis ce sera bon que pour l’année 2012″…
Heureusement, François Fillon nous rassure sur ce point : il va « ramener notre dette publique en deçà de 60% du PIB » (le taux actuel est de 65% soit 1175,9 milliards d’euros) : de grosses rentrées fiscales en vues monsieur le Premier Ministre ?

Peut-être une allusion à la TVA (anti-)sociale ?
Rappellons que l’ « anti » provient du fait que plus les revenus sont importants, plus on épargne, et donc moins on est soumis à la TVA (qui concerne les biens et services consommés). Ce seraient donc les petits et moyens revenus qui vont être les plus frappés et qui auraient bien besoin eux aussi d’un bouclier fiscal vu les taxes qui leur seront imposées…

© Richard Ying • 1999-2012