La riposte graduée partiellement censurée… mouais… bof…
La dernière fois que nous avions laissé la loi Création et Internet, elle venait d’être adoptée par le Parlement en seconde lecture. Le texte prévoyait alors :
• de remplacer l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques (ARMT) par une Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI). (art.2)
• d’attribuer à la HADOPI des missions d’encouragement des offres légales, de protection des droits d’auteur, de régulation et de veille des mesures de protection et d’identification des oeuvres. (art.2)
• de labelliser les offres légales. (art.2)
• de créer une obligation de veiller à ce qu’un accès Internet ne soit pas utilisé pour de la contrefaçon d’oeuvres. (art.11)
• de créer une riposte graduée consistant en 2 avertissements facultatifs et une sanction de suspension de l’abonnement en cas de manquement à cette obligation. (art.5)
• de proposer une transaction à certains abonnés à Internet s’ils s’engagent à ne plus manquer à cette obligation. (art.5)
• de faire installer un logiciel de sécurisation « prouvant » à la HADOPI que à un instant donné, l’accès n’a pas été utilisé illégalement. (art.5)
• de mettre en place un répertoire national des internautes dont les IP ont été relevées. (art.5)
• d’ordonner par référé toute mesure pouvant prévenir des atteintes aux droits d’auteurs. (art.10)
• de faire inscrire dans les contrats des FAI que la contrefaçon c’est mal. (art.5)
• de rendre illégale la captation d’une oeuvre en salle de cinéma. (art.8)
• d’éduquer les collégiens aux dangers du téléchargement illégal. (art.16)
• de réduire certains délais dans la chronologie des médias. (art.17)
• de fixer mais aussi de limiter les droits d’auteurs des journalistes publiés sur Internet. (art.20)
• de mettre au clair les mêmes droits que ce de la presse papier pour la presse en ligne. (art.27)
• de mettre en place des portails de référencement des offres légales. (art.25)
Le 19 mai dernier, la saisine du Conseil Constitutionnel par 200 et quelques députés SRC et GDR attaquait le texte sur 11 points :
1. Le débat parlementaire manquait de clarté et de sincérité.
2. Les mesures sont inappropriées par rapport au but de limiter les téléchargements illégaux.
3. Les droits d’auteurs ont une importance disproportionnée par rapport au droit à la vie privée.
4. Le législateur effectue trop de renvois sur les décrets au lieu de les fixer dans la loi.
5. Le manquement à l’obligation de surveillance de l’accès à Internet n’est pas clairement défini.
6. La sanction atteint à la liberté d’expression, se cumule avec la sanction pénale, ajoute une obligation de payer l’abonnement pendant la suspension.
7. La HADOPI se voit attribuer des compétences relevant de l’autorité judiciaire.
8. La HADOPI reçoit des pouvoirs exorbitants, qui laissent une grande part à l’arbitraire, et rompent le principe d’égalité.
9. La procédure de sanction méconnaît les droits à la défense et à un recours.
10. La HADOPI se base sur une présomption de culpabilité.
11. Le Tribunal de Grande Instance pourra ordonner toute mesure en référé, ce qui est contraire au principe d’égalité et peut atteindre à la liberté d’expression.
Déférée il y a 22 jours, cette saisine me paraissait en bonne voie pour faire censurer toute la riposte graduée.
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