8 historiens — et non des moindres — de la Cité Nationale des l’Histoire de l’Immigration, qui devrait être inaugurée le 14 juillet prochain (si de nouveaux retards ne surviennent pas), ont annoncé hier leur démission des instances de la Cité.
Ils protestent contre l’instauration « inacceptable » d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, attribué hier à Brice Hortefeux.
Personnellement, je les comprends, j’ai été moi-même choqué par l’annonce de Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle. J’avais aussi été déçu par l’absence de réaction de ma classe pour qui cette association semble naturelle.
De plus en plus de gens laissent ainsi faire en se disant que tout est joué. Pourtant la politique n’est pas une fatalité, c’est en exprimant ses opinions que l’on parvient à se faire entendre. Une majorité affaiblie au Parlement est préférable à la majorité absolue qui risque de se profiler, il faut qu’il y ait une pluralité des opinions partout. Et il faut donc se mobiliser pour pouvoir influencer la composition du gouvernement de l’après-législatives et, peut-être, supprimer ce ministère. (Lire la suite…)
J’ai pas encore eu le temps de regarder la vidéo mais si quelqu’un a raté comme moi la déclaration de monsieur Jacques Chirac, le dernier des (vrais ?) gaullistes, ça permet de se rattraper…
Nicolas Sarkozy s’est laissé piégé par deux humoristes québécois qui se sont faits passer pour le Premier Ministre canadien Stephen Harper et qui l’ont invité à un « dîner de cons » en compagnie de George W. Bush.
Après l’appel du faux Stephen Harper, Nicolas Sarkozy a pu parler au vrai Premier Ministre et aborder les thèmes du G8 et de l’écologie.
Durant sa campagne, Nicolas Sarkozy s’est posé en candidat du peuple français. Pourtant, même s’il est normal de se reposer après cette période certainement éprouvante, son agenda des deux derniers jours contredit cette affirmation.
Après sa dîner au Fouquet’s Paris et sa nuit dans l’hôtel 5 étoiles du même nom, il est parti en avion pour Malte. Selon une photographie publiée par le « Times of Malta » et selon les regitres de la DGAC, le jet privé emprunté serait un Falcon 900X appartenant au groupe Bolloré. Absent des commémorations de l’armistice de 1945, il a pris une limousine et serait actuellement entre les côtes maltes et siciliennes à bord du Paloma, yacht de Vincent Bolloré, dont le coût de location serait accessible à « Monsieur-Tout-le-Monde ». On est loin de la retraite monastique qu’il envisageait avant le second tour, faisant alors echo au « grand hôtel de luxe parisien » où Bayrou et Royal avaient tenu leur débat…
En se comportant comme quelqu’un de la France d’en (très très) haut, affichant sans complexe luxe et argent, son positionnement a été écorné et l’on peut se demander s’il va continuer ainsi lorsqu’il entrera en fonction (sa retraite est censée lui servir à « habiter la fonction » de Président de la République).
Plus inquiétant, les liens qu’entretient Nicolas Sarkozy avec Vincent Bolloré, et plus généralement les grands patrons français, ne risquent-ils pas de créer des conflits d’intérêts ?
Si cela se confirmait, les mises en garde de François Bayrou et de Ségolène Royal deviendraient fondées. Les partis de ces derniers ont d’ors et déjà critiqué le « luxe ostentatoire » du futur chef de l’État.
Le Nouvel Observateur semble connaître la réponse :
Cécilia Sarkozy [...] avait décidé de ne pas se montrer aux côtés de son mari le jour de sa consécration. C’est devant l’insistance de François Sarkozy, son beau-frère, qu’elle s’est résolue à le rejoindre sur scène, place de la Concorde. Tandis qu’elle serrait les mains de François et qu’elle regardait sa montre, son mari s’est abstenu de toute effusion et même de tout contact avec elle. Ce qui laisse présager une prochaine séparation à l’amiable. C’est dans ce contexte difficile que Nicolas a tenu à se faire accompagner par ses deux belles filles, qu’il considère comme les siennes puisqu’il les a élevées depuis quinze ans.
Les enquêtes d’intentions de vote donnent parfois des résultats révélateurs…
Une enquête menée par IFOP pour le JDD et M6 sur les intentions de vote au deuxième tour [donnait] gagnant Nicolas Sarkozy, avec 52,5% (-1,5%) contre 47,5 (+1,5) pour Ségolène Royal [...]. [Des résultats qui se sont plus ou moins confirmés ce soir.]
Le résultat le plus surprenant de cette étude ne [tenait] pas à ce chiffre, mais au détail de la répartition des votes par tranches d’âges.
En effet Ségolène Royal arrive en tête des intentions de votes dans toutes les classes d’âges situées en dessous de 65 ans.
Si le candidat de l’UMP parvient tout de même en tête c’est grâce au troisième âge, avec un score atteignant 75% qui lui permet de combler son retard.
Ventilation par classe d’âge du vote Royal / Sarkozy
- 18/24 ans 53% / 47%
- 25/34 ans 54% / 46%
- 35/49 ans 56% / 44%
- 50/64 ans 51% / 49%
- + de 65 ans 25% / 75%
Voila donc une réalité sociologique inattendue. C’est le vieillissement de la population qui tire le corps électoral français vers la droite.
Loin d’être le candidat du travail et des forces vives comme son discours volontariste semble l’affirmer, Nicolas Sarkozy serait en fait celui de l’inquiètude et des peurs ressenties par une population vieillissante, devant une modernité qui la bouscule et qu’elle refuse.
Contreinfo.info
Ces données provenant d’un sondage d’intentions de vote devront être confirmées maintenant que le vote a eu lieu.
Selon les estimations, le prochain président de la République Française est Nicolas Sarkozy.
Espérons que celles et ceux qui l’ont choisi ne seront pas déçus par ce choix…
Avec l’élection de monsieur Sarkozy, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire (garant de l’indépendance judiciaire, amnistie et droit de grâce), le pouvoir législatif (le Parlement est toujours à majorité UMP jusqu’aux élections) et le pouvoir médiatique (via les groupes dirigés par ses amis) seront dans les mains d’un même parti à partir du 16 mai (au plus tard). Est-ce que cela constitue une menace ? Espérons que non.
La prochaine échéance, où un contre-pouvoir pourra faire face à la concentration des pouvoirs qu’incarne à présent Nicolas Sarkozy, sera donc les élections législatives des dimanches 10 et 17 juin 2007. Un nouvel acteur dans le paysage politique français pourrait émerger à cette occasion suite à la création prochaine du Mouvement Démocratique.